Une nouvelle aventure...


Voilà un projet que j'ai depuis plus de dix ans dans la tête : je rêve de m'installer sur le domaine familial situé en pleine campagne lotoise pour y faire quelque chose...


Au début je ne savais pas trop quel projet, mais quelque chose de pédagogique pour y accueillir des enfants, des ados, des familles. Les années passent le projet je l'ai toujours dans la tête, j'y apporte mon expérience du monde, mes valeurs qui s'affûtent, mais toujours en le touchant du bout des doigts; car je ne me sens pas très légitime de débarquer comme ça alors que je ne connais rien à la vie à la ferme, même si mes grands parents étaient fermiers, même si ma mère a connu la vie agricole jusqu'à 18 ans...rien n'a été transmis. Il valait mieux vivre confortablement en ville, faire des études et avoir un bon salaire pour pouvoir mieux consommer. Je ne blâme pas mes grands parents et parents d'avoir pensé comme cela. La génération de mes parents a pu avoir accès à l'éducation et au confort que mes grands - parents n'ont pas eu, ils ont pu découvrir le monde et ils ont eu raison de croire à ce beau rêve de consommation, car qui n'y aurait pas cru ? quand tu viens d'un milieu modeste et que d'un coup on te donne l'espoir d'un monde douillet, surprenant, électrisant, plein de plaisirs immédiats... Mais ce monde, on le sait a ses limites et n'est finalement qu'un leurre.


Je fais partie de cette génération qui n'a connu que le confort moderne et des choix de vie à ne plus en finir...et j'en ai profité moi aussi, j'ai eu une enfance privilégiée au niveau financier, j'ai pu faire des études que j'aimais, j'ai voyagé, et j'ai pu faire mes propres choix. J'ai aussi consommé et surtout j'ai cru qu'il fallait que je fasse partie de ce modèle de consommation, mais  très vite je me suis sentie en décalage, toujours un peu mal à l'aise, jamais à ma place...mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'avais l'impression d'être inadaptée et je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à rentrer dans le moule. Pourtant tout le monde y allait, et même moi je voulais en faire partie, cela avait l'air sympa de suivre le guide de la vie parfaite, avec le CDI bien payé, la propriété d'une belle maison, le mariage avec le prince charmant et bien sûr les deux enfants. Voilà pourquoi je n'y suis jamais arrivée, impossible pour moi de me dire que la vie se résumait à cela, cocher les cases et payer...et donc je n'ai jamais eu de crédit, je n'ai jamais été propriétaire, j'ai eu quelques CDI jamais très longtemps et surtout avec des petits salaires. Maintenant je sais pourquoi! A force d'avoir suivi mon instinct, d'avoir lu, de m'être renseignée, d'avoir fait des choix de vie minimaliste et zéro déchets, bien avant que cela devienne à la mode (et cela fait tellement du bien de voir toutes ces nouvelles initiatives !), j'avais trouvé un bonheur ailleurs et bien plus sain pour mon âme et pour mon corps. Mais ce n'est pas encore assez, je me rends compte combien nous sommes déconnectés des choses essentielles et maintenant ce qui me tient vraiment à cœur, c'est de connaitre ce qui se faisait avant, apprendre les savoirs faire d'antan, ce qui faisait du sens, tout en alliant les connaissances technologiques, sociales, psychologiques qui nous aident à évoluer en tant qu'être humain. Malgré mes études, la découverte du monde, mon ouverture d'esprit et bien je sens que je ne sais pas grand chose, et en tout cas pas l'essentiel : le travail de la terre. Nous avons été complétement coupés de ce travail là, et nous avons été coupé du travail manuel tout court, alors que c'est une des raisons de vivre et d'évoluer de l'Homme. Maria Montessori l'avait compris en observant les enfants, c'est ainsi que nous apprenons, que nous évoluons, que nous nous sentons connectés à nous-même et à la vie : "L'organe moteur qui caractérise l'Homme, c'est la main, au service de l'intelligence, pour la réalisation du travail." 


Alors bien sûr j'ai connu la vie à la campagne depuis mon plus jeune âge, car j'allais souvent voir mes grands - parents et que j'ai en plus la chance immense d'avoir une grande famille "très famille", donc nous nous retrouvons très souvent autour d'événements familiaux sur ce domaine. J'y vais souvent en vacances, là où tout est fleuri et pour y passer du bon temps familial sans préoccupation aucune. Donc oui je connais la vie champêtre, mais la vie à la ferme, c'est une autre histoire, surtout quand on a toujours vécu à la ville. Malgré cette peur du changement et de l'inconnu, mes valeurs prennent de plus en plus de place, ainsi que le manque de connexion à la nature et à quelque chose qui fait du sens. L'envie de m'apporter et d'apporter autre chose à la société est venue de plus en plus en plus forte, et s'est complétement accélérée avec la crise du Covid19, la pause obligatoire a laissé le temps à la réflexion et à la planification. Mais pourquoi attendre encore quelques années ? alors que c'est CE projet qui me donne des ailes et qui vibre en moi ? Et la même réflexion s'est faite pour mon compagnon. Le confinement nous a permis de voir ce que nous voulions construire ensemble. Nous avons tous les deux envie de faire partie d'un projet pédagogique où nous pourrions apprendre les savoirs d'antan, être autonomes, apprendre à se nourrir, vivre en harmonie avec la nature et partager toutes ces connaissances avec les autres...et comme me l'a dit mon compagnon "il faut que nous arrêtions de courir à gagner de l'argent pour au final se payer à manger et un loyer, à nous de couper les intermédiaires et connaître les choses essentielles de la vie : se nourrir, avoir un toit, avoir du temps et de la proximité pour profiter des siens". Les planètes s'alignent donc, et il est temps de passer le pas...d'où cet article pour officialiser nos discussions sans fin sur quand ? comment ?


Maintenant que nous savons où nous voulons aller, pourquoi attendre ? il faut bien commencer quelque part, oui cela ne va pas être facile, un sacré changement, nous allons faire des erreurs, et se planter comme des gros urbains arrivant avec leurs mocassins cirés en pleine campagne, mais le pari est trop beau et tellement proche de nous pour ne pas tenter cette incroyable aventure, qui pour moi représente le rêve de toute une vie. J'ai l'impression que mes expériences, mes choix et découvertes du monde m'ont amenée et formée pour arriver à ce moment là : aller vivre et créer un lieu de nature et d'échange dans le Lot.


Alors je vais poster l'évolution de ce projet d'ouverture de jardin pédagogique, de vie à la ferme et de vie autonome. C'est un  long projet, celui d'une vie, et nous avons tout à faire : s'adapter à la vie à la campagne, construire notre maison, développer notre vie autonome, créer le jardin de permaculture et nous sommes experts ni en jardinage, ni en construction ! Cela prendra le temps qu'il faudra mais je sais que nous allons y arriver en nous laissant guider par notre motivation, notre énergie, les rencontres que nous allons faire, les nouvelles idées qui émergeront, la nature et tout simplement la vie. Ce sera un projet qui se fera en famille, avec l'énergie et la créativité de ma sœur et de mon beau-frère, la joie de vivre de mes neveux et nièces, le savoir - faire de mes oncles et tantes, l’œil avisé de ma mère et bien sûr les moyens du bord.  Car je ne quitte pas un super boulot de 15 ans dans la finance, pour tout plaquer du jour au lendemain avec un compte en banque rempli, afin de restaurer la vieille grange en une maison de campagne douillette en moins de trois mois. Étant éducatrice d'enfants en maternelle, et ayant vécu à l’étranger, je n'ai jamais été propriétaire et mes salaires à peine plus élevés que le smic, je vous laisse faire le calcul ;) pas de procès ici, c'est un choix de vie dont je suis fière, mais juste pour vous donner le contexte, qui est en même temps privilégié car j'hérite d'un terrain d'un hectare. Je pars donc avec mes meubles, mon vélo, mon chéri qui vient de Londres (et qui a aussi que deux valises) et nos quelques économies de quoi financer faiblement notre projet pédagogique et les murs d'une future maison en autoconstruction. Donc il va y avoir du système D et de l'huile de coude mais c'est ce qu'on veut plus que tout ! Et surtout se dire que c'est possible même avec peu de moyens. Donc ça y est la décision est prise, nous nous lançons ! Première étape : la formation. Après des heures de recherches d'informations sur Internet, nous voulons passer au concret. J'ai déjà suivi une formation de deux jours de permaculture dans la ferme du Colibri de Jérôme Boisneau. Et cet été, je suis allée faire du woofing pour découvrir la réalité de la vie agricole, ce qui a confirmé mes rêves d'installation avec des rencontres humaines très enrichissantes. Je cherche maintenant à me former en PPAM (Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales).


En attendant la suite de ce projet, je vous laisse avec cette vidéo de Vandana Shiva qui nous rappelle avec dynamisme et sourire les choses essentielles de la vie, et nous donne des pistes de réflexions sur la société moderne.



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